Covid-19 / Fribourg: pour une supression des examens écrits de maturité

Le SSP-groupe enseignement a pris connaissance des annonces faites lors de la conférence de presse de la DICS du 24 avril, notamment sur la question des examens écrits de maturité.

Le SSP romand vient de prendre position pour une suppression des examens de maturité écrits et oraux, dans tous les cantons.

Au niveau fribourgeois, le SSP- Groupe enseignement regrette la décision de la CDIP de vouloir laisser le libre choix aux cantons de maintenir ou non les examens écrits. Ceci engendrera des inégalités de traitement entre les cantons. Le SSP souhaite donc qu’une solution commune à l’ensemble des cantons soit trouvée.

Le SSP regrette également, si le Conseil fédéral devait laisser une marge de manoeuvre aux cantons, la décision de la DICS de vouloir maintenir les examens de maturité, contrairement aux autres cantons romands. Ceci, sans aucune consultation des enseignants. Outre une inégalité de traitement avec les cantons qui supprimeraient ces examens, cette décision est inquiétante pour:

  • des raisons sanitaires: rien n’indique que la situation permettra la tenue de ces examens. Les écoles vont probablement rouvrir le 11 mai sans qu’il n’y ait, à l’heure actuelle, aucune garantie quant aux mesures de protection lors de cette reprise. De nouveaux cas de covid-19 ne sont pas à exclure. Le Japon a d’ailleurs du refermer ses écoles après l’apparition de nouveaux cas. Nous voyons donc difficilement comment il pourra être assuré aux élèves que ces examens pourront se dérouler en toute sécurité.
  • des raisons d’égalité des chances: la reprise des cours prévue pour le 8 juin au post-obligatoire ne permet pas de garantir une équité puisque certains élèves ont du étudier à distance dans des conditions différentes, parfois difficiles. De plus, la DICS a annoncé que l’évaluation tiendrait compte de cette situation particulière. Or, nous estimons que pour que l’évaluation soit juste pour les élèves, ce n’est pas le barème qu’il conviendrait d’adapter, mais le contenu de l’évaluation. Modifier le contenu des évaluations impliquerait toutefois une charge supplémentaire de travail, ajoutée à la charge déjà importante, pour les enseignants qui devraient revoir ces examens. Ceci semble donc difficilement envisageable. Enfin, ce barème spécial induirait également des problèmes pour la correction des épreuves par les examinateurs et créerait des inégalités de traitement puisque chaque conférence de branche devra probablement adapter son barème. En conséquence, au sein même d’une école, des inégalités seront inévitables.

Pour ces raisons, la majorité des enseignants que nous avons pu consulter est favorable à l’annulation des examens écrits.

Pour ce qui est des élèves qui ne sont pas promus, dans le cas où les examens écrits n’auraient pas lieu, le SSP demande que des mesures soient prévues afin qu’ils aient la possibilité de passer leur maturité (élargissement des critères de promotion pour les élèves en difficulté; si l’élève est tout de même en échec, alors l’année ne devrait pas compter afin d’éviter un échec définitif).

N'hésitez pas à signez la pétition lancée par des élèves, demandant l'annulation des examens écrits et oraux dans l'ensemble des cantons.