Mesures annoncées pour la reprise de l'école obligatoire: postition du SSP-groupe enseignement

Le canton de Fribourg a annoncé aujourd’hui les modalités et les mesures pour la reprise des cours le 11 mai à l’école obligatoire.

Des mesures satisfaisantes

Le SSP-Groupe enseignement en a pris connaissance et constate qu’une partie de ces mesures va dans le sens de ce qui était demandé par notre syndicat :

  • Les enseignants à risques pourront rester chez eux (avec d’autres tâches qui pourront leur être attribuées) et seront remplacés au primaire. Pour les élèves à risque, un certificat de vulnérabilité pourra être rempli, leur permettant ainsi de continuer à faire l’école à distance.
  • Une reprise des cours progressive avec une alternance dans la présence des élèves.
  • Un allègement des programmes afin d’éviter que les enseignant.e.s ne se retrouvent avec une double charge de travail mais également pour permettre de recréer du lien avec les élèves et pour consolider ce qui a été réalisé durant l’enseignement à distance.
  • Des mesures d’hygiène (qui n’ont pas encore toutes été définies), notamment l’octroi de masques et de solution hydroalcoolique dans tous les établissements

Des améliorations sont encore nécessaires

Sur le plan pédagogique, cette reprise des cours est une bonne nouvelle. Mais ce retour à l’école pose encore question sur le plan sanitaire (que ce soit au sein des établissements, mais également dans les structures d’accueil et les transports), particulièrement parce que nous estimons que le principe de précaution devrait encore s’appliquer pour les enfants, qui n’auront pas à respecter des règles de distanciation sociale entre eux.

Le SSP-groupe enseignement émet toutefois quelques réserves et estime que des améliorations sont encore nécessaires sur plusieurs points :

  • Pour les cycles 1 & 2, le délai entre la reprise en alternance du 11 mai et une reprise par classes entières dès le 25 nous semble court. Une analyse de la situation sanitaire est certes prévue avant le 25 mai et nous espérons que s’il y a le moindre doute que la sécurité sanitaire puisse être assurée, alors une prolongation des mesures transitoires, voire un retour à l’enseignement à distance, devra être envisagé. Le SSP-groupe enseignement rappelle que la reprise des cours ne doit pas répondre uniquement à une injonction économique, au détriment de la sécurité et des aspects pédagogiques.
  • Les enseignant.e.s vivant avec une personne à risque devront assurer un enseignement présentiel ou pourront demander un congé non-payé (pour autant que la situation le permette). Pour le SSP-groupe enseignement, ces personnes doivent bénéficier de la même protection que les personnes à risque (et donc pouvoir travailler depuis la maison), ceci afin d’éviter une transmission du virus à une personne vivant sous le même toit et qui pourrait avoir des conséquences dramatiques.
  • Les femmes enceintes ne sont malheureusement toujours pas considérées comme des personnes vulnérables. Selon nous, elles doivent pouvoir être considérées comme des personnes à risque, comme c’est le cas en France lorsqu’elles se trouvent dans le 3e trimestre.
  • Le certificat de vulnérabilité pour les élèves à risque devrait également s’appliquer aux élèves vivant avec une personne vulnérable. Bien qu’il ait été annoncé que les enfants étaient moins vecteurs, le principe de précaution doit s’appliquer et ces enfants doivent pouvoir bénéficier d’un enseignement à distance.
  • Des tests de dépistage doivent être proposés au personnel et aux élèves de manière générale. Plus spécifiquement, des tests doivent être faits sur l’ensemble des personnes qui auraient côtoyé un élève ou un.e enseignant.e présentant des symptômes.
  • La garde des enfants pour le personnel enseignant qui fait habituellement appel aux grands-parents n’a pas encore été définie. Des solutions doivent être proposées à ces enseignant.e.s tant que la situation sanitaire n’aura pas été réglée.
  • Pour ce qui est des mesures sanitaires, qui sont encore à préciser, le SSP-groupe enseignement demande que du personnel de nettoyage soit engagé, avec des contrats de droit public, pour que cette tâche conséquente ne repose pas sur les enseignant.e.s.

Enfin, l’année scolaire prochaine doit faire l’objet d’un plan pédagogique adapté, permettant de tenir compte de cette situation et pour permettre aux élèves, particulièrement à celles et ceux qui sont en difficulté, de bénéficier d’un soutien accru. Dans ce sens, les effectifs par classe doivent, de manière générale, être diminués dès l’année prochaine.