CPPEF - manif du 7 novembre: le personnel reste mobilisé!

Photo: Eric Roset

Jeudi 7 novembre, plus d’un millier salarié-e-s et affilié-e-s à la Caisse de pension de l’Etat de Fribourg (CPPEF) ont bravé la pluie et le froid pour manifester et donner de la voix contre le projet de réforme de la caisse de pension présenté par le Conseil d’Etat. Après une année et demi de mobilisation relative à cette réforme, ce n’est pas une petite performance. Le personnel peut être fier de sa mobilisation, d’autant plus que le contexte était difficile.

Désistements de poids

Pour constituer un rapport de force face au Conseil d’Etat, le SSP – Région Fribourg a toujours privilégié l’unité d’action avec la Fédération des organisations du personnel de l’Etat (FEDE) et la Fédération des associations du personnel enseignant (FAFE), qui représente la plus grosse organisation au sein de la Fede. Malheureusement, c’est finalement seul que le SSP a dû organiser la manifestation du 7 novembre: le comité de la Fede a décidé de se rallier à la réforme présentée par le Conseil d’Etat; et le 5 novembre, soit deux jours avant l’échéance, la Fafe, annonçait au SSP qu’elle retirait son soutien à la manifestation. Pourtant le mercredi 9 octobre, une assemblée générale de la Fafe avait rejeté à une large majorité (80 voix contre 10) la révision de la CPPEF proposée par le Conseil d’Etat, et appelé à la mobilisation le 7 novembre.

Compensation aux abonnés absents

Pourquoi un tel revirement ? La direction de la Fafe a justifié son lâchage de dernière minute par le fait qu’elle aurait obtenu une mesure de compensation, sous la forme d’une revalorisation salariale de 0,25% pour le personnel de l’Etat. Or il n’en est rien. Dans un courrier adressé à la Fafe, dont le SSP a reçu une copie, le Conseil d’Etat est très clair: « Les discussions étant terminées et la décision prise par le Conseil d’Etat, il n’est dès lors pas envisageable qu’il entre en matière sur la revendication d’augmenter le montant prévu pour les mesures transitoires et compensatoires à 500 millions de francs au lieu des 380 millions de francs arrêtés dans le projet de loi ou de procéder à une revalorisation salariale additionnelle ». Il n’y aura pas d’augmentation salariale dans le cadre des discussions sur la CPPEF ! Dans le même courrier, l’exécutif ajoute cependant que: « Concernant une nouvelle amélioration salariale, le Conseil d’Etat la réalisera indépendamment du projet de la CPPEF au moment qu’il jugera opportun ».

Bref. La Fafe se contente donc de… rien du tout, car le Conseil d’Etat n’indique ni le montant de l’augmentation salariale, ni sa date de réalisation. Il faudrait donc le croire sur parole… Comme en 2013, lorsqu’il promettait de rembourser les coupes salariales une fois que la situation financière de l’Etat se serait améliorée ?

En acceptant la proposition du Conseil d’Etat, la Fafe a réalisé les souhaits de ce dernier: diviser pour mieux régner. Il est certain qu’avec le soutien de la Fafe la manifestation du 7 novembre aurait été encore bien plus importante, changeant de manière significative notre rapport de force.

Importantes baisses de rentes

Pour rappel, le projet du Conseil d’Etat induirait une élévation de l’âge de la retraite de quatre ans, des baisses de salaires importantes et des réductions de rentes conséquentes: jusqu’à -9.5% en cas de départ à la retraite à 64 ans, et jusqu’à -22% à 60 ans. Soulignons que ces montants sont basés sur les prévisions du Conseil d’Etat. Or il est tout à fait possible que, dans la réalité, elles soient encore plus importantes (lire en page 11). Elles sont d’autant plus inacceptables que la publication du projet de budget 2020 de l’Etat de Fribourg a démontré, une fois de plus, l’excellente situation financière du canton. Malgré les pertes sèches dues à la réforme de l’imposition des entreprises, le budget clôture avec un excédent de 400 000 francs.

Lettre ouverte à la Fafe

La bataille n’est cependant pas terminée. Le 11 novembre, le bureau du SSP – Région Fribourg a envoyé un message à l’attention des délégué-e-s de l’Assemblée générale de la FAFE, qui se tenait le même jour. Objectif: leur proposer de poursuivre ensemble la mobilisation du personnel afin d’améliorer le projet de révision de la CPPEF, et organiser une rencontre dans ce sens avant la fin novembre.

Une chose est sûre. Si nous n’obtenons pas de réouverture des négociations sur la réforme de la CPPEF et si elles ne répondent pas à nos appels, la Fede et la Fafe devront assumer la responsabilité des conséquences désastreuses qu’entraînera la contre-réforme de la CPPEF.

Photos manif 7.11.19

Galerie: CPPEF: Manifestation 7.11.19