200 personnes manifestent contre la procédure de licenciement pour fait de grève

de: Gaétan Zurkinden

Malgré une pluie battante, 200 personnes ont manifesté contre l'ouverture d'une procédure de résiliation des rapports de travail à l'encontre de la responsable de la crèche, en raison de sa participation à la journée de grève du mardi 31 mars, et contre la privatisation de la crèche de l'HFR. Jean-François Steiert, Conseiller national PS, Laurent Thévoz, député Vert au Grand Conseil et Armand Jaquier, secrétaire régional d'UNIA ont dénoncé les méthodes de l'HFR et ont apporté leur soutien à la responsable de la crèche. La balle est, à présent, dans le camp de la Direction de l'HFR et du Conseil d'Etat, qui doivent prendre acte de l'indignation suscitée par des procédures qui violent toutes les dispositions constitutionnelles et légales régissant le droit de grève en Suisse.

Une grève contre la privatisation
Le 27 janvier dernier, la direction de l’Hôpital fribourgeois (HFR) révélait au personnel son intention de privatiser
la crèche de cet hôpital. Le jour même, elle lui communiquait sa décision de lancer un appel d’offres.
Cette privatisation découle de la politique d’austérité du Conseil d’Etat. En septembre 2014, il a en effet
divisé par deux sa participation au financement de la crèche de l’HFR. Pour compenser la perte, les tarifs
ont alors été augmentés. Conséquence: la fréquentation de la crèche a chuté. C’est justement l’argument
invoqué aujourd’hui pour la privatiser…
Les éducatrices de la crèche ont ainsi décidé de mener une grève d’avertissement d’un jour, le 31 mars. Tout
ce qu’elles demandent, c’est de maintenir une crèche publique, qui donne entière satisfaction, en termes
de prestations, aux enfants et aux parents. Et elles l’ont fait avec la seule arme à leur disposition, la direction
de l’HFR refusant toute discussion sur les propositions alternatives à la privatisation.

Une grève parfaitement licite
Pourtant, le Conseil d’Etat a violemment réagi. Il a condamné une grève «illicite», refusé d’entrer en matière
sur les revendications du personnel et annoncé la rupture de toute négociation avec notre syndicat, le SSP.
Ce sont des pratiques indignes d’un pays démocratique! Cette prise de position a ouvert la voie à la réaction
de la direction de l’HFR: le lancement d’une procédure administrative pouvant mener au licenciement pour
«justes motifs» de la responsable de la crèche – âgée de 57 ans et comptant 24 années de service, sans
jamais aucun reproche professionnel! – en raison de sa participation à la grève.
Or, la grève est un droit fondamental, consacré à tous les échelons de l’ordre juridique suisse et des conventions internationales! L’exercice du droit de grève présuppose certes le respect de conditions, mais toutes étaient remplies: la grève avait trait aux conditions de travail; elle était soutenue par un syndicat; elle était un moyen de dernier recours, suite à l’appel d’offre lancé pour privatiser la crèche. Enfin, loin de tout mépris à
l’égard des usagers, la responsable de la crèche a informé à l’avance les parents de cette grève, afin qu’ils
puissent prendre leurs dispositions; un service minimum a également été assuré, sur place, le 31 mars. Bref,
la procédure administrative diligentée contre elle – une procédure normalement réservée à des fautes très
graves – va à l’encontre de toutes les dispositions régissant le droit de grève!

C'est le droit de nous défendre qui est en jeu!

  • En menaçant la responsable de la crèche de licenciement, l’objectif de la direction de l’HFR est, tout d’abord, de briser la mobilisation du personnel afin de faire passer son projet de privatisation.
  • Deuxièmement, le message de la direction s’adresse à l’ensemble des salariés de l’HFR: aucune contestation de sa politique n’est tolérée. Du moment où d’autres privatisations sont envisagées, le but est de casser d’emblée toute dynamique de mobilisation!
  • Mais cette affaire ne concerne pas que les employés de l’HFR. Ce qui est en jeu ici, c’est le droit pour les salariés de la fonction publique de défendre leurs conditions de travail. Si la direction de l’HFR arrive à ses fins, avec la complicité du Conseil d’Etat, ce sera un précédent très dangereux. Nous devons l’empêcher, en descendant dans la rue, toutes et tous ensemble, le 5 mai!
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