Journée de grève à la crèche de l'HFR

de: Gaétan Zurkinden

Mardi 31 mars, le personnel de la crèche de l'HFR s'est mis en grève durant une journée, pour s'opposer au projet de privatisation de la crèche. Le personnel revendique le maintien d'une crèche publique à l'HFR, qui permette de garantir des prestations de qualité pour les enfants qui la fréquentent. Une privatisation provoquerait, sans aucun doute, une forte péjoration de la qualité des prestations, et des conditions de travail. Un délai a été fixé au 17 avril au Conseil d'administration pour se déterminer. Le personnel se déterminera, ensuite, sur la suite à donner à son mouvement.

Le Conseil d’administration de l’HFR a pris la décision de principe de privatiser la crèche de l’HFR, « Les Gribouilles ».
Cette crèche accueille, en priorité, les enfants du personnel de l’HFR et est donc adaptée aux spécificités des employés travaillant en milieu hospitalier (horaires irréguliers, changements des jours d’accueil etc.). Depuis le changement de Règlement intervenu au 1er septembre 2014, elle est également ouverte aux enfants de parents travaillant ailleurs qu’à l’HFR.

Le Conseil d’administration de l’HFR invoque trois raisons principales pour privatiser la crèche de l’HFR :

  • Une analyse (audit) de la crèche démontrant, soi-disant, que la structure n’est pas optimale.
  • Une forte diminution du nombre d’enfants depuis l’automne 2014.
  • Un déficit trop important à charge de l’HFR.

Or, l’audit de la crèche qui démontrerait ses insuffisances n’a, en réalité, aucun caractère scientifique et comprenait de nombreuses erreurs. Par ailleurs, elle a été réalisée par la Directrice d’une crèche privée – Cap Canaille Bilingual Daycare Centers – qui fait partie des repreneurs potentiels. Le conflit d’intérêt est évident.
La diminution du nombre d’enfants fin 2014 est avérée. Toutefois, elle est liée à une décision du Conseil d’administration de l’HFR, qui a fortement augmenté les tarifs de la crèche (multipliés par trois ou quatre, selon les situations !), rendant ainsi la fréquentation financièrement inabordable pour de nombreux salariés de l’HFR.
Enfin, le déficit trop important à charge de l’HFR est dû, tout d’abord, à la décision du Conseil d’Etat de diviser par deux la subvention octroyée à la crèche (de 800'000 francs à 400'000 francs). Le gouvernement envisage même de la supprimer entièrement !

Contrairement aux affirmations du Conseil d’administration de l’HFR, de nombreux hôpitaux publics – et non des moindres – disposent d’une crèche interne et publique : Hôpital de l’Ile à Berne, CHUV et HUG.
La privatisation de la crèche de l’HFR aurait pour conséquence le démantèlement d’une structure qui donne entière satisfaction – du point de vue de la qualité des prestations – aux enfants et aux parents. Par ailleurs, elle se traduirait par une forte détérioration des conditions de travail et de salaires. L’appel d’offres ne prévoit aucune garantie du point de vue des conditions de travail (salaires, taux d’activité, vacances, etc.). Le respect des recommandations salariales de la Fédération des crèches fribourgeoises n’est même pas exigé !

Enfin, la privatisation de la crèche de l’HFR pourrait ouvrir la voie à d’autres externalisations au sein de l’HFR.
Il est tout à fait possible de maintenir une crèche publique à l’HFR, qui pourrait, d’ailleurs, accueillir également les enfants du personnel de l’Etat, où les besoins sont grands. Par cette journée de grève, le personnel de la crèche demande au Conseil d’administration de maintenir une crèche publique et d’entendre – enfin ! – le personnel sur ses propositions. Nous demandons également au Conseil d’Etat d’assumer ses responsabilités d’employeur, en maintenant la subvention octroyée à la crèche de l’HFR.

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