ENSEVAL: 667 signatures contre un instrument qui nuira à la qualité de l'enseignement

de: Virginie Burri

Le 15 septembre 2017, le SSP-Groupe Enseignement a remis une pétition de 667 signatures contre ENSEVAL (ordonnance relative à l’évaluation du personnel de l’instruction publique, de la culture et du sport), à l’attention du Conseiller d’État M. Siggen.

Au vu du peu de temps à disposition (près d’un mois) pour récolter les signatures, nous pouvons qualifier que cette pétition a été un franc succès. Par ailleurs, nous avons pu constater que l’opposition à ce projet se retrouve à tous les échelons de la hiérarchie.

Pour rappel, cette pétition demande le retrait d’ENSEVAL et l’ouverture de nouvelles discussions avec tous les partenaires concernés.

Nous estimons qu’en l’état, ENSEVAL nuira à la qualité de l’enseignement et à la collaboration en instaurant notamment :

  • une logique de contrôle, des pressions et une mise en concurrence
  • des critères totalement subjectifs liés aux compétences personnelles et au comportement (loyauté, tenue vestimentaire, résistance à la charge de travail, etc.)
  • la fixation systématique d’objectifs qui ne correspondent pas nécessairement aux besoins de l’enseignant et de l’école
  • Une surcharge de travail pour les directeurs et responsables d’établissement, qui se reportera sur les enseignants.
  • Un risque de multiplication des procédures pouvant mener au licenciement (alors que les critères invoqués ne seront pas toujours objectifs)
  • L’interdiction pour l’enseignant d’être accompagné lors de l’entretien d’évaluation ou du réexamen de celui-ci.

Avec ENSEVAL, l’objectif de l’enseignant ne sera plus un travail pour les élèves (travail souvent peu visible et non mesurable) mais orienté pour obtenir une bonne note en privilégiant des activités et des comportements qui pourront être quantifiés et reconnus lors de l’évaluation. Or, c’est justement le travail fait ‘’dans l’ombre’’, pourtant garant de la qualité de l’enseignement, qui tendra à diminuer.

Le SSP-Groupe Enseignement ne s’oppose pas aux objectifs d’ENSEVAL (art.2 de l’ordonnance) qui sont de garantir et de développer la qualité de l’enseignement, encourager et faciliter la collaboration, ainsi que de contribuer au développement professionnel et personnel des enseignants.

Cependant, nous pensons qu’il y a d’autres solutions qui permettraient réellement une qualité de l’enseignement, comme l’octroi de moyens nécessaires pour les mesures d’aides aux élèves ayant des besoins spécifiques (en situation de handicap, allophones, par ex.) ou en baissant les effectifs par classe.

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