Taxes universitaires: le Grand Conseil élargit la brèche vers une université néolibérale

de: Virginie Burri

Lors de leur session du 6 février 2018, les députés du Grand Conseil ont décidé à 64 voix contre 40, de ne pas accepter le mandat qui demandait au Conseil d’Etat de renoncer à l’augmentation des taxes et d’octroyer un crédit supplémentaire afin de couvrir les besoins de l’Université.

Ainsi, ce sera aux étudiant.e.s et aux doctorant.e.s, deux des populations les plus précaires de l’université, de passer à la caisse. Cette décision fait non seulement fi des réalités vécues par étudiant.e.s et doctorant.e.s, pour qui cette hausse grèvera considérablement leur budget, mais elle montre également un manque de volonté d’investir correctement dans la formation alors que les finances du canton le permettent largement.

Ce résultat reflète la tendance générale néolibérale qui vise à venir chercher dans la poche des plus précaires pour mieux remplir celle des nantis. Cette logique de ‘‘ruissellement inversé’’ n’échappe pas au canton de Fribourg puisque, parallèlement à cette augmentation des taxes, il s’apprête à octroyer de gigantesques cadeaux fiscaux aux entreprises dans le cadre de PF 17 !

En contribuant à alimenter le cercle vicieux des hausses de taxes universitaires, qui est devenue courante dans la majorité des universités, nul doute qu’il ne faudra pas attendre longtemps avant la prochaine hausse à Fribourg. C’est d’ailleurs ce que préconise avenir suisse dans son programme de compétitivité en jugeant qu’une augmentation des taxes d’études « sensibilisera les étudiant.e.s à l’importance de leur choix d’études ». Au contraire, nous estimons que ces augmentations de taxes limiteront l’accès aux études et creuseront encore plus les inégalités.

Au vu de cette logique et du manque de financement octroyé par l’Etat à son université, tout porte à croire que l’histoire se répétera lors de la prochaine planification pluriannuelle. La mobilisation des étudiant.e.s et des doctorant.e.s n’est donc pas prête de s’arrêter. Rendez-vous le 24 mars à Berne pour une mobilisation nationale !

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