Ville de Fribourg – Caisse de pensions – 200 salariés débraient !

de: Gaétan Zurkinden

Mardi 29 janvier, 200 salariés de la Ville de Fribourg ont débrayé, de 13h30 à 14h30, pour s’opposer à une péjoration massive de leurs conditions de retraite. Une telle mobilisation est une première historique à la Ville de Fribourg ! Elle est, aussi le reflet des péjorations massives des conditions de retraite proposées par le Conseil communal, et de la détermination du personnel à se faire entendre et respecter. Le droit à la négociation doit être garanti !

En débrayant massivement, le personnel de la Ville de Fribourg a montré qu’il exige du Conseil communal l’ouverture de négociations avec les organisations du personnel, comme c’est le cas à l’Etat de Fribourg. Un compromis acceptable pour toutes les parties doit être trouvé : des diminutions de rentes supérieures à 500 francs et une élévation de deux ans de l’âge de la retraite ne se justifient en aucun cas, alors que la situation financière de la CPPVF est excellente !

Il faut rappeler que la révision de la Caisse de prévoyance du personnel de la Ville de Fribourg (CPPVF) proposée par le Conseil communal se traduirait par des péjorations massives des conditions de retraite :

  • Diminution des rentes de 15% en moyenne pour les salariés âgés de 40 à 55 ans, soit entre 300 et 550 francs de moins par mois.
  • Diminution des rentes de 10% pour celles/ceux âgé-e-s de 37 à 39 ans et de 56 à 58 ans, soit entre 200 et 300 francs de moins par mois.
  • Elévation de l’âge de la retraite de 63 à 65 ans.

L’administrateur de la CPPVF a informé le personnel que les chiffres avancés par le SSP étaient « fantaisistes ». Voici quelques exemples concrets d’impact sur les rentes, tirés du message du Conseil communal au Conseil général (page 16), qui montrent que les chiffres avancés par le SSP sont tout à fait justes :

  • A 35 ans, la perte est de 203 francs par mois, soit une diminution de 7,6%.
  • A 40 ans, la perte est de 437 francs par mois, ou – 15%.
  • A 45 ans, la perte est de 490 francs par mois, ou – 13,8%.
  • A 50 ans, la perte est de 515 francs par mois, ou – 14,9%.
  • A 55 ans, la perte est de 524 francs par mois, ou – 14,9%.
  • Et même à 60 ans, la perte est de 137 francs par mois, ou – 5,2%.

Ces pertes sont calculées à 65 ans, alors qu’actuellement, le personnel peut prendre une retraite sans pénalité de rente à 63 ans. Cela correspond, de fait, à une élévation de deux ans (une année pour les femmes) de l’âge de la retraite. Il faudrait donc travailler deux ans de plus, pour obtenir des rentes fortement diminuées !

A cela s’ajoute que la CPPVF va passer de la primauté des prestations à la primauté des cotisations : dorénavant, c’est le personnel qui assumera le risque en cas de mauvais rendements ou de mauvaises années.

Dans La Liberté du 29 janvier 2019, le Syndic de la Ville, Thierry Steiert, estimait que « des pertes de 500 francs par mois sont raisonnables ». Une telle affirmation ignore le quotidien de la plupart des salariés, dont beaucoup ont de la peine à boucler les fins de mois.

Si la situation financière de la CPPVF était désastreuse, on pourrait, à la rigueur, comprendre une telle démarche. Mais la CPPVF a une santé financière robuste, solide, avec un taux de couverture supérieur à 76% au 31.12.2017, et des rendements qui dépassent 7%, toujours en 2017. Bref, la CPPVF se porte très bien, et il n’y a aucune raison de sabrer autant dans les prestations !

Il n’est pas non plus nécessaire de réviser la CPPVF à marche forcée. A l’Etat de Fribourg, dans le cadre de la révision de la Caisse de prévoyance du personnel de l’Etat de Fribourg (CPPEF), toutes les informations nécessaires ont été transmises aux organisations du personnel ; une phase de consultation publique, de 3 mois, est ouverte, où tout un chacun peut faire des propositions. Enfin, plusieurs séances de négociations sont prévues au mois de février, et au-delà, et la révision est repoussée au 1er janvier 2021. Pourquoi ce qui est possible à l’Etat de Fribourg, ne le serait-il pas à la Ville de Fribourg, pourtant à majorité de gauche ?

Le SSP et l’immense majorité du personnel lancent un appel au Conseil communal : il faut négocier, un changement aussi important des conditions de retraite ne peut se faire à la va-vite. Nous lançons aussi un appel aux députés du Conseil général : il faut repousser le débat sur cette révision jusqu’à ce qu’un compromis ait été trouvé avec les organisations du personnel. Enfin, nous interpellons le Parti socialiste (PS) : la négociation avec les syndicats fait partie du programme du PS. Nous invitons donc le Parti socialiste de la Ville de Fribourg à intervenir pour garantir le droit à la négociation.

Quelles sont les revendications du personnel ?

  1. Le droit à la négociation doit être respecté, comme c’est le cas à l’Etat de Fribourg.
  2. Pour permettre l’aboutissement des négociations, la révision repoussée au 1er janvier 2021, comme c’est le cas à l’Etat de Fribourg.
  3. Au vu de la bonne situation financière de la Ville de Fribourg, la participation de l’employeur doit être revue à la hausse, pour éviter des diminutions de rentes aussi importantes et une élévation d’un an de l’âge de la retraite.
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