CPPEF: On cache la réalité au personnel!

de: Gaétan Zurkinden

Un document interne à la Commission des finances et de gestion (CFG), transmis de manière officielle par le Conseil d’Etat au SSP, montre que les conclusions du rapport d’experts indépendants commandé par le SSP sont fondées – et même connues des autorités, qui se sont par contre bien gardé d’en informer les organisations du personnel.


Le document, (ci-dessous) montre que l’hypothèse d’un taux d’intérêt crédité de 2% (au lieu de 2,5%, comme dans le projet du Conseil d’Etat) sur les avoirs individuels des assuré-e-s a été examinée par la CFG. Pour mémoire, le rapport réalisé par Prevanto SA montre qu’un taux d’intérêt de 2,5% est peu réaliste et que, sans modification importante du projet du Conseil d’Etat (i.e. création d’une réserve de fluctuation de valeur de 573 millions de francs), il faut compter au maximum avec un taux d’intérêt de 2%. Dans ce cas de figure, la limite maximale de perte de rente ne serait pas de 9,5%, mais plutôt entre 15% et 18% selon les classes d’âge, selon l’étude Prevanto SA.

Les projections faites par la CFG vont dans le même sens et montrent qu’avec un taux d’intérêt crédité de 2%, les pertes de rentes sont abyssales : -30% en moyenne (à 64 ans) pour les salarié-e-s âgé-e-s de 45 ans, -25% pour les salarié-e-s de 40 ans, -20% pour les salarié-e-s de 35 ans et encore -10% pour les salarié-e-s de 30 ans. Et on ne parle même pas des pertes envisagées en cas de retraite anticipée, qui devraient dépasser les 50% !

Dans ce même document, l’objectif de limitation de la perte de rente n’est plus de 9,5%, comme martelé par le gouvernement, dès 45 ans, mais de -15% pour les salarié-e-s âgé-e-s de 50 ans et plus. Soit exactement le chiffre mentionné dans l’étude Prevanto SA.

A aucun moment, lors des négociations ou ultérieurement, les partenaires sociaux – encore moins la population et le personnel - n’ont été informés de ces hypothèses et de ces calculs. C’est inacceptable : on ne peut pas, d’un côté, s’engager pour une diminution des rentes de -9,5% au maximum alors que l’on sait, sur le fondement de projections techniques, que les pertes de rentes risquent en réalité d’être non pas deux fois, mais trois fois plus fortes ! Il s’agit là, visiblement, d’une volonté délibérée des autorités de cacher au personnel les conséquences réelles de la révision de la CPPEF.

Cette situation conforte le SSP dans sa demande de renvoi du débat sur la révision de la CPPEF.

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12.03.2020 Communiqué 12.03.20 PDF (215 kB)
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12.03.2020 Slide Etat Fribourg PDF (328 kB)
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