Effectifs par classe: le Conseil d’Etat fait fi de toute considération pédagogique!

de: Virginie Burri

Le SSP-groupe enseignement a pris acte de l’adoption du nouveau règlement sur l’enseignement secondaire supérieur (RESS), adopté par le Conseil d’Etat le 26 mai 2021, et particulièrement de la volonté de ce dernier de maintenir l’effectif maximal de 27 élèves par classe. Fribourg restera ainsi le Canton autorisant les maxima les plus élevés de Suisse.

Le Conseil d’Etat justifie ce choix par une “volonté de garder une cohérence avec les autres niveaux de formation”. Niveau argumentation, en faisant abstraction de toute considération pédagogique, on aurait difficilement pu faire pire.

Pour rappel, en mars 2020, le SSP-Groupe enseignement et l’AFPESS, aux côtés de divers acteurs, avaient remis une pétition de près de 3000 signatures demandant notamment un abaissement de l’effectif maximal de 27 à 24 élèves pour les cours de bases. Il s’agissait-là d’une demande totalement réaliste, qui rejoignait d’ailleurs la position de plusieurs partis politiques, comme le PDC et le PS, qui avaient également exprimés cette volonté, lors de la révision de la Loi sur l’enseignement secondaire supérieur.

Une baisse des effectifs aurait été plus que nécessaire pour permettre une amélioration des conditions de travail et d’apprentissage. Avec le context actuel lié au Covid, qui a rendu les conditions d’enseignement et d’apprentissage encore plus difficiles, le SSP-Groupe enseignement redoute que sans réelles améliorations ce soit non seulement la qualité de l’enseignement qui soit remise en jeu, mais également la santé des enseignant.e.s et des élèves. A relever que, dans la plupart des établissements, les classes ont été conçues pour un maximum de 24 à 25 élèves. Le problème qui se pose avec la décision du Conseil d’Etat est donc également sanitaire, et ce, d’autant plus avec la situation actuelle.

Le SSP-groupe enseignement maintient donc que, pour garder une école de qualité, il est nécessaire de diminuer les effectifs par classe dans tous les niveaux d’enseignement, et pas seulement au secondaire supérieur. Cela permettrait également de répondre à la volonté du Conseil d’Etat de garder une cohérence entre les niveaux de formation.