La lutte pour la revalorisation continue!

de: Gaétan Zurkinden, secrétaire syndical

Après 5 ans de mobilisations syndicales, le Conseil d’État fribourgeois a finalement décidé d'octroyer une classe salariale supplémentaire aux infirmières et infirmiers experts en soins intensifs et urgences, mais a exclu de cette revalorisation les anesthésistes... La lutte continue!

photo Valdemar Verissimo

En 2017, le SSP – Région Fribourg et les infirmières et infirmiers experts (soins intensifs, urgences, anesthésie) ont déposé une demande de réévaluation de leur fonction. Dans le cadre du système cantonal d’évaluation des fonctions (EVALFRI), ces salarié·e·s étaient clairement sous-évalué·e·s par rapport à leurs compétences et à leurs responsabilités.

Il aura fallu 5 ans, une mobilisation syndicale acharnée, un travail minutieux réalisé avec les salarié·e·s concerné·e·s ainsi qu’une pandémie mondiale pour obtenir gain de cause – partiellement.

Le 4 juillet, le Conseil d’Etat a en effet décidé d’octroyer une classe de salaire supplémentaire aux infirmières et infirmiers experts en soins intensifs et urgences, qui passeront donc de la classe de salaire 19 à la classe 20. Cette classe de salaire en plus représente une victoire, car la décision du gouvernement brise l’immobilisme qui caractérisait, depuis des années, la rémunération du personnel de santé, largement féminin. Concrètement, le personnel concerné touchera entre 3200 et 4000 francs de plus par an.

Que n’a-t-il pas fallu faire pour en arriver là ! En juin 2021, le Conseil d’Etat avait statué négativement sur la réévaluation du personnel concerné – malgré une pétition largement signée et une manifestation devant les locaux du département des Finances.

Loin de se décourager, le personnel s’était alors adressé à l’organe de conciliation et d’arbitrage, dernier pas avant la grève. C’est la saisine de cet organe, et la forte mobilisation du personnel concerné, qui ont permis de relancer les discussions sur la réévaluation. Avec à la clé, enfin, une décision positive pour les infirmières et infirmiers en soins intensifs et en urgences.

Il y a cependant un gros bémol. Contre toute logique, le Conseil d’Etat a refusé d’octroyer la revalorisation aux infirmières et infirmiers experts en anesthésie, qui restent en classe 19. L’exécutif a ainsi décidé de séparer les anesthésistes de leurs collègues en soins intensifs et en urgences, alors qu’ils avaient mené une démarche commune. Et qu’il n’existe aucun critère susceptible de distinguer qualitativement ces trois professions !

Ce procédé scandaleux a soulevé un tollé au sein de l’Hôpital fribourgeois. Il traduit une volonté politique d’éviter une revalorisation plus large des professions soignantes, qui entrerait en collision avec la politique d’austérité menée par l’exécutif cantonal. C’est ce qu’a admis à demi-mot le conseiller d’Etat (Centre) en charge des Finances, Jean-Pierre Siggen, en affirmant que « sinon, d’autres professions auraient pu prétendre à une revalorisation [1]

Sur mandat du personnel concerné, le SSP a donc immédiatement demandé la reprise de la procédure de conciliation pour ce qui concerne la classification des infirmières et infirmiers en anesthésie. Avec un objectif clair: que les anesthésistes soient rémunéré·e·s en classe 20 dès le 1er septembre, à l’image de leurs collègues urgentistes et des soins intensifs.

En parallèle, nous continuerons à nous battre pour la revalorisation de l’ensemble des professions soignantes. La lutte continue !


[1] La Liberté, 5 juillet 2022.