PAFE - Coupes salariales massives maintenues pour le personnel

Eric Roset

Dans le PAFE définitif du Conseil d’Etat, le dindon de la farce est tout désigné : c’est le personnel du service public et parapublic fribourgeois, qui assumera l’essentiel des mesures d’économies. Sur un total de 188,70 millions de francs d’économies, 109,5 millions de francs – ou 58% - se feront par le biais de coupes salariales, ou de détérioration des conditions de travail. De son côté, le Conseil d’Etat parle de 35% des économies à charge du personnel. C’est un tour de passe-passe : pour y arriver, le gouvernement fait passer la modification de la répartition du financement des prestations complémentaires AVS/AI comme une mesure d’économies. Or, ce n’est pas le cas : il s’agit simplement de l’application de la base légale d’origine.

10'000 francs de coupes salariales en moyenne

L’abandon de la contribution dite de solidarité est une arnaque : les économies en moins sont largement récupérées par le report de l’octroi du palier au mois de septembre (au lieu du mois de juillet dans le projet mis en consultation). Les chiffres (voir annexe) montrent que les pertes salariales, dans le projet définitif, sont identiques à celles figurant dans le projet mis en consultation. Elles sont même plus importantes pour les salarié-e-s les plus précaires, soit celles et ceux qui se situent dans les classes de salaires 4 à 6 !

Les coupes salariales sur 3 ans seront massives : 5'800 francs de manque à gagner pour un-e employé-e de nettoyage (classe de salaire 4) ; 7'550 francs pour un-e ASSC (classe de salaire 11) ; 8'400 francs pour un-e collaborateur/-trice administratif/-ive (classe 14) ; 9'200 francs pour un-e infirmier/-ière (classe 17) ; 9'600 francs pour un-e enseignant-e primaire ; 11'000 francs pour un-e enseignant-e du CO.

Salaires : résultat pire que dans la consultation !

On peut même considérer que, pour le personnel, les conséquences de la version définitive du PAFE sont pires que le projet mis en consultation. En effet, le Conseil d’Etat tient pour acquis une refonte du système salarial, sur le modèle de la motion opportunément déposée il y a 3 jours par le camarade de parti du ministre des finances, J.-P. Siggen (Christian Galley, PDC). Ce dernier demande de revoir de fond en comble la grille des salaires, en supprimant les augmentations annuelles et en généralisant le salaire au mérite. Dans le cas où la révision de la grille des salaires n’est pas sous toit fin 2028, les mesures d’économies sur les salaires seront maintenues !

Baffe pour le personnel de santé

Le PAFE, c’est également une baffe pour le personnel de santé : le Conseil d’Etat suspend, pour trois ans au moins, l’ensemble des demandes de revalorisation salariale, sur lesquelles il devait statuer à la fin de cet été. Les inégalités salariales que subissent les salarié-e-s de la santé au bénéfice d’un Bachelor ne seront donc pas corrigées ; quant aux ASSC ou aux salarié-e-s du bloc opératoire, la revalorisation attendue de leur fonction passe aux oubliettes.

Idem pour les mesures qui auraient dû découler de l’initiative pour les soins infirmiers forts : le gouvernement gèle pour une durée indéterminée les indemnités pour travaux spéciaux (travail de nuit, du week-end, horaires irréguliers etc.), qui devaient être revues à la hausse.

Cadeaux fiscaux maintenus

Si le Conseil d’Etat fait passer à la caisse le personnel, il n’en est pas de même des hauts revenus et des actionnaires, qui passent totalement entre les gouttes. Ainsi, l’ensemble des cadeaux fiscaux octroyés aux nanti-e-s après le précédent programme d’économies (2014 à 2016) sont maintenus : diminution de l’impôt sur la fortune, de l’impôt sur le bénéfice et le capital des entreprises, ou encore de l’imposition des hauts revenus.

Assemblée extraordinaire et organe de conciliation

Le SSP et la FEDE invitent le personnel du service public et parapublic à une Assemblée extraordinaire, qui se tiendra le jeudi 11 septembre, à 18h00, à la salle des Fêtes de Saint-Léonard. L’Assemblée fera le point sur les mesures d’économies touchant le personnel, et décidera de la suite à donner à la mobilisation.

Devant les concessions largement insuffisantes du Conseil d’Etat, le SSP et la FEDE ont, d’ores et déjà, saisi l’Organe de conciliation et d’arbitrage en cas de conflit collectif. Une séance de conciliation est prévue ce mercredi, 10 septembre. En cas de refus du Conseil d’Etat de concilier, l’OCA délivrera un acte de non-conciliation, qui ouvrira le droit de grève.

Fribourg, le 8 septembre 2025.


Downloads
08.09.2025 Coupes salariales - Avant et après la consultation PDF (118,5 kB)