HFR - Personnel fortement sollicité: jusqu'où va-t-on tirer sur la corde?

Il y a une semaine, la Direction de l’Hôpital fribourgeois (HFR) informait sur la « surcharge hospitalière » et un afflux de patient-e-s provoqué par l’épidémie de grippe et des accidents de ski. Cette situation n’est pas uniquement difficile pour les patient-e-s et leurs proches. Elle est également extrêmement dure à vivre pour le personnel hospitalier. La charge de travail est déjà élevée, toute l’année ; à l’heure actuelle, elle devient, dans certains services, intenable. Ce n’est tout simplement pas normal.

Au-delà de la grippe et des accidents de ski, dont il faut rappeler qu’il s’agit d’événements usuels en cette période de l’année, ce sont surtout les mesures d’économies décidées par le Conseil d’Etat qui créent cette « situation de crise », pour reprendre les termes de certains responsables de services au sein de l’Hôpital fribourgeois (HFR). Suite à l’exigence du gouvernement de biffer 15 millions de francs par an durant 4 ans, la Direction de l’HFR a décidé, l’an dernier, de diminuer fortement le nombre de lits dans les étages, ce qui a pour conséquence une réduction de la dotation – et donc des économies en personnel.

Cela devient évidemment problématique lorsque le nombre de patient-e-s augmente brusquement, comme c’est le cas actuellement. Il faut, alors, ouvrir de nouveaux lits en urgence, sans que le personnel nécessaire ne soit présent – en tous les cas pas immédiatement. Cela crée une surcharge forte sur le personnel en place. D’autres mesures d’économies, comme le délai de carence de 3 mois, ou la fermeture du service de médecine à Riaz, accentuent encore le manque de personnel et la charge de travail

Pression forte sur des équipes en sous-effectif

Alors que les équipes sont souvent en situation de sous-effectif, les employé-e-s sont aujourd’hui fortement invité-e-s à effectuer des heures supplémentaires, ou à augmenter leur pourcentage, jusqu’à un taux d’activité de 120% (!). Du personnel provenant d’autres services est affecté en urgence à des unités qui ne correspondent pas à leur domaine de compétence. Les formations et les colloques ont été annulés jusqu’à nouvel ordre. Une nouvelle fois, ces mesures ne font qu’augmenter la pression qui pèse sur les épaules du personnel, la fatigue et le risque d’épuisement professionnel.

Le personnel de l’HFR ressent cette situation comme un manque de considération ; les appels à la « solidarité » induisent un sentiment de culpabilité ; un climat d’insécurité s’installe, car les employé-e-s se demandent jusqu’où la corde sera tendue. Pourtant, lors de la grève du mercredi 1er octobre, le personnel de l’HFR avait alerté les autorités sur les risques de surcharge.

Le Conseil d’Etat doit renoncer aux mesures PAFE

La situation est critique, alors même que des mesures d’économies supplémentaires, prévues dans le PAFE/LAFE, n’ont pas encore déployé tous leurs effets. Pourtant, un hôpital public devrait être en mesure de gérer des périodes chargées comme l’hiver, sans que cela ne crée une crise organisationnelle. Le SSP demande au Conseil d’Etat de renoncer immédiatement au gel des prestations d’intérêt général (PIGs) prévu dans le PAFE ; par ailleurs, des moyens supplémentaires doivent être alloués pour augmenter le nombre de lits et la dotation en personnel.


Downloads
23.01.2026 HFR - Personnel fortement sollicité: jusqu'où va-t-on tirer sur la corde? PDF (285,3 kB)